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La culture, « variable d’ajustement » dans le budget du Nord ? - La Voix du Nord
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Moins de musique, de théâtre et de danse au programme pour tous les Nordistes dès la rentrée ? Dans le rouge, le Département a voté hier la baisse immédiate de ses subventions à ses grands acteurs culturels. Réaction épidermique de ces derniers qui œuvrent dans « un territoire pas tout à fait comme les autres ».

1. Une baisse annoncée

En tout, c’est à un peu plus d’un million d’euros, sur une dotation départementale initialement prévue de 5 millions, que va devoir renoncer, en pleine saison, une petite trentaine d’acteurs culturels. Soit une diminution de 20 % pour les scènes nationales et les grandes structures labellisées métropolitaines, 10 % pour celles hors métropoles, et 10 à 25 % pour les festivals.

L’annonce de cette réduction, officialisée lundi par un vote en commission permanente des conseillers départementaux du Nord, n’a surpris personne. Et surtout pas les directeurs des cinq Scènes nationales du Nord reçus la semaine dernière par Jean-René Lecerf, président (Les Républicains) du Nord qui ne cache plus son désarroi face à la situation budgétaire du Département (1). Il a tenu à leur expliquer son choix : « Pour limiter l’impact sur les 200 structures qu’il soutient », le Département réduit surtout les subventions de ses Scènes nationales et grandes structures labellisées qu’il finançait déjà dans une part bien moindre que l’État et d’autres collectivités.

2. Défi culturel

Didier Thibaut, de la Rose des Vents de Villeneuve-d’Ascq, assistait à cette rencontre : « Il nous a dit que ni nos choix artistiques ni notre travail culturel n’étaient en cause, mais que la culture était la première à faire les frais de mesures d’économies annoncées. Nous comprenons la logique, mais nous craignons que la culture ne serve de variable d’ajustement. »

Une crainte partagée par l’ensemble du monde culturel contribuant au maillage de ce « territoire pas tout à fait comme les autres », rappelle DidierThibaut, qui est aussi le représentant régional du SYNDEAC, syndicat qui regroupe la majorité des Scènes nationales, des centres chorégraphiques et des orchestres. « À l’heure où la population nordiste se paupérise, on a plus que jamais un vrai défi culturel à relever. »

3. L’État dans le viseur

Rassemblés en intersyndicale (le SYNDEAC, avec aussi les représentants du cirque, de l’opéra, de l’art contemporain), les acteurs culturels nordistes devraient interpeller ces jours-ci le préfet et le ministère de la Culture pour davantage de concertation des acteurs publics. En clair, faire bouger l’État met tout le monde d’accord : Jean-René Lecerf qui dénonce son coup de rabot sur les dotations des collectivités territoriales, comme le monde de la culture sur lequel il ricoche…

1. À la suite d’un audit révélé le 15 juin, Jean-René Lecerf a annoncé que les difficultés financières du Département le contraignent à dégager, dès 2015, 100 millions d’euros d’économie.

Coup de froid sur la création et l’emploi ?

Au Département, où on soutient 200 structures culturelles, on rappelle que la suppression d’un peu plus d’1 million de subventions touchera surtout les établissements les plus renommés (ONL, Lille 3000, etc.). Mais le financement départemental y est moindre que celui de l’État et d’autres collectivités territoriales.

Cette baisse, qui intervient en cours d’exercice, représente pour chacun des 27 établissements et projets visés de 10 à 40 % des subventions versées par le Département, soit de 4 à 200 000 euros. Elle touchera principalement les cinq Scènes nationales : le Phénix de Valenciennes (où la subvention départementale représente 3,3 %), le Bateau feu à Dunkerque (4,5 %), la Rose des Vents à Villeneuve-d’Ascq (6 ), l’Hippodrome de Douai (6,9 %) et le Manège à Maubeuge (7,9 %). Suivent les grandes structures labellisées (–40 % pour Les concerts d’Astrée) et les festivals des Nuits secrètes (–37500 euros) à Art Point M (– 92000) en passant par Cassel Cornemuses (– 2300).

Cette baisse touche tous les domaines (cirque au Prato de Lille, art de rue au Boulon de Vieux-Condé, musiques actuelles à l’Aéronef de Lille…) mais ne devrait pas avoir de conséquence sur la programmation déjà annoncée pour la saison. En revanche, c’est pour 2016 que pèse l’incertitude, selon le représentant régional du SYNDEAC. Une incertitude qui pourrait rendre plus frileuse la création artistique et menacer l’emploi des intermittents dont la mobilisation avait culminé l’été dernier. Par ailleurs, les musées gérés en propre par le Département (Matisse, etc.), ne devraient pas être touchés.

C. L.



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